Je livre ici mes envies de partage, pouvoir communiquer avec le monde, sur le monde, des sujet qui me touchent… Seule dans mon coin mais gourmande de tout, souhaitant m’enrichir de vous. Je vous fais part de mes expériences (culinaires ou autres), vous propose une visite guidée sur mes balades, vous raconte les vagabondages de ma pensée. Une sensibilité dévoilée par incidence de mes envies. Laissez-vous tenter, poussez la porte et venez…
Dans notre cinéma d’Eden, notre beau cinéma remis à neuf après 30 ans de
silence, je suis allée voir
« La journée de la jupe » de Jean-Paul Lilienfeld – 2008.
Le réalisateur était présent et nous avons eu le plaisir de converser avec lui à la fin du film.
Durant la projection du film, dans l’intimité de cette salle vermillon, le spectateur s’éclaffait, retenait son souffle ou sursautait. L’interaction avec ce qui se passait sur l’écran était palpable.
Le film commence tout simplement, un professeur de français se retrouve à réviser une pièce de Molière dans la petite salle de spectacle d’un collège de banlieue parisienne. Les élèves indisciplinés chahutent. Le professeur a bien du mal d’imposer son autorité. Et très rapidement, la situation bascule. Ils se retrouvent enfermés dans cette salle sous la contrainte d’une arme à feu. Tour à tour, il va se jouer devant nous une représentation en huit clos dénonçant les conditions de travail des professeurs, les drames que subissent les élèves sous la pression d’autres camarades au quotidien, le problème du racisme, de la religion. Ce film dénonce, sous un ton parfois léger, des problèmes de société qui malheureusement engendre des situations tragiques.
Après avoir lu quelques propos sur le film, en sachant presque à l’avance ce qui allait se dire et en soulignant que je m’attendais à un manque de compréhension sur un point de vu en rapport direct avec le titre du film, je tenais à apporter mon témoignage.
Tout à chacun s’emploie à souligner le caractère caricatural du film avec ses personnages bien campés dans leur rôle stéréotypé. Cependant, derrière ces traits grossis, un message parmi d’autres vient vous interpeller mais il semblerait que seule une jeune fille de banlieue vivant cette agression au quotidien peut comprendre. Le problème qui est soulevé, en dehors des difficultés que rencontre le corps enseignant, est la considération de la femme dans ces banlieues. La France, un pays libre qui s’est battu pour les droits de l’Homme ne peut accepter qu’une minorité de gens lui fasse faire un grand pas en arrière sous l’influence d’idéaux religieux. On s’est battu pour la laïcité. La tolérance et le respect passent par la pratique de son culte en toute intimité.
Montrer ses mollets est devenu de la provocation. C’est la liberté de la femme qui est en péril. Notre société moderne plaide pour la parité mais dans la noirceur des cités, des jeunes filles se battent pour garder leur dignité.
Pour la petite histoire, les jeunes comédiens ont participé à un casting qui s’est fait dans les écoles et les maisons de jeunes des quartiers. Parmi eux certains étaient déscolarisés, suite au tournage, ils se sont remis en question et ils sont retournés à l’école. Il y a une réflexion dans le film qui est dite par la ministre de la défense « on s’est battu pour porter des pantalons, on ne va pas instaurer une journée de la jupe ! » On devrait être libre de s’habiller comme bon nous semble et ne pas avoir à mener des combats pour ça.