Je livre ici mes envies de partage, pouvoir communiquer avec le monde, sur le monde, des sujet qui me touchent… Seule dans mon coin mais gourmande de tout, souhaitant m’enrichir de vous. Je vous fais part de mes expériences (culinaires ou autres), vous propose une visite guidée sur mes balades, vous raconte les vagabondages de ma pensée. Une sensibilité dévoilée par incidence de mes envies. Laissez-vous tenter, poussez la porte et venez…
Nous étions jeudi, jour de marché à Eauze, petite bourgade du Gers. Nous nous étions fait beaux, les occasions sont rares de sortie dans cette campagne gersoise. Le temps était troublé et il venait de pleuvoir. Les nuages filaient au-dessus de nos têtes laissant apparaître un peu de ciel bleu. C’était un jeudi de marché avec bien du monde. Les étales s’étaient remplies de produits printaniers. Les marchands de fleurs commençaient à proposer toutes sortes de plantes et de semis pour les jardins. Les gariguettes étaient de sortie dans leurs petites barquettes.
Dans la liste des courses, il y avait des asperges. Comme chaque année, le producteur habituel était présent avec sa pancarte vantant les mérites et la provenance landaise de ses produits.
Nous approchâmes du déballage. Il y avait deux villageoises en train de se faire servir. Nous attendions patiemment notre tour. Une femme, entre deux âges, s’avança et se plaça juste à côté d’une des deux dames. Et, sans vergogne, elle se fit servir. Elle demanda deux kilos d’asperge dans des sacs séparés. Elle précisa que les deux étaient pour elle lorsque le marchand lui demanda s’il fallait faire des comptes séparés. Elle lui expliqua qu’elle en mangerait pour le repas du midi et l’autre le lendemain. Elle paya et à notre stupéfaction ainsi que celle du vendeur, elle repesa chacun des sacs à tour de rôle sur la balance du marchand afin d’y contrôler l’exactitude de leur contenu !
Une fois qu’elle eut tourné les talons, nous ne nous gênâmes point pour aller de nos commentaires sur son manque de politesse et de confiance. Et là, le marchand nous fit bien rire avec une anecdote du même registre sur une cliente qui le sommait de bien vouloir lui donner des asperges bien droites car elle les voulait bien droite dans l’assiette. Le producteur fier de son produit lui affirma qu’une fois cuite, elles seraient bien droites. Mais, ne voulant rien savoir, elle exigea qu’il les sélectionne…