Je livre ici mes envies de partage, pouvoir communiquer avec le monde, sur le monde, des sujet qui me touchent… Seule dans mon coin mais gourmande de tout, souhaitant m’enrichir de vous. Je vous fais part de mes expériences (culinaires ou autres), vous propose une visite guidée sur mes balades, vous raconte les vagabondages de ma pensée. Une sensibilité dévoilée par incidence de mes envies. Laissez-vous tenter, poussez la porte et venez…
A la base, elle n’était pas pour le mariage parce qu’elle pensait qu’il avait été inventé par les hommes pour prendre possession de la femme. Il symbolisait la toute-puissance patriarcale depuis des siècles. Il représentait une forme déguisée de l’esclavage sans parler des arrangements qu’il y a encore entre les familles qui montrent toujours la femme comme une valeur marchande. Derrière le mariage, il y a tout le poids de cette Histoire qui n’a jamais été une union simple et belle entre deux êtres comme on a toujours voulu le faire croire aux petites filles dans les contes de fées. Et c’était sur ces bases qu’elle avait forgé son opinion sur le mariage. Alors quand vint le débat sur le « mariage pour tous », elle avait du mal de se positionner.
Pourquoi les homosexuels demandent à être unis par les liens du mariage ? Pour stigmatiser les hétérosexuels ? Pour avoir une reconnaissance vis-à-vis de la société, pour pouvoir élever leurs enfants sans risque de mauvaises conséquences lors de séparations… Il fallait se poser les bonnes questions. Mais quand est-il pour les hétérosexuels ? On sait qu’un mariage sur deux se solde par un divorce. Est-ce une situation enviable ? Comment interpréter cette argumentation « un homme, une femme pour élever un enfant » quand on sait qu’après une séparation l’enfant se retrouve seul avec un de ses parents qui est souvent la mère. Que cette dernière va tenter de refaire sa vie et qu’elle va être amenée à avoir des partenaires qui vont faire un bout de chemin avec cette petite famille (mère + enfant(s)) puis ce compagnon tisse des liens avec le ou les enfants du foyer. Il pourrait avoir l’identité que lui donnera l’enfant et il pourrait être un père de substitution si le géniteur est absent ou pas. En cas de séparation, devra-t-il lui aussi revendiquer des droits sur le ou les enfants au risque de les voir être perturbés par son départ définitif de leur vie ?
Alors, peut-être que la vraie question du débat serait de savoir si un couple d’homosexuel pourrait adopter un enfant. Pourtant, elle pensait que la question n’en était plus une depuis longtemps puisqu’il est possible d’adopter un enfant pour une personne seule. Une personne seule mais qui n’est pas obligée de le rester par la suite.
Aussi, elle trouvait formidable et elle était très admirative de ces gens qui pensent avoir la réponse absolue. Ces gens qui avaient l’assurance du bien être en évoquant la famille qui ne pourrait exister que suite à l’union d’un homme et d’une femme. La découverte de la procréation qui associe une cellule mâle avec une cellule femelle comme argumentation. Elle pensait qu’on n’en était plus à ce niveau. Qu’il fallait se rendre à l’évidence que le mariage pour tous pourrait être une remise en question de l’image de la famille dans notre société, du mariage tout court. Et si la famille de demain risquait d’être plus monoparentale. Même-si, il y a des adultes qui se satellisent autour de cette famille, on est loin du schéma : homme + femme = enfants. Au commencement, il y avait un homme et une femme mais après que reste-t-il ? Heureux ceux qui pensent que c’est immuable, naïfs aussi…
La vraie réponse serait peut-être de permettre à une personne « d’adopter » ces enfants pour leur garantir un avenir. Une double chance pour offrir à ces enfants le soutien, la prise en charge d’un adulte qui leur jurerait fidélité quoi qu’il arrive. La vraie réponse est de permettre à un enfant d’avoir l’assurance d’être protéger et aimer dans la continuité par les adultes référents qui l’entourent en toute circonstance dans la mesure où cet homme et/ou cette femme qui sont ses géniteurs n’ont pas pu lui donner cette protection suite aux accidents de la vie. Elle se rend bien compte que c’est ambigu mais elle sent que le vrai problème est là. Doit-on donner des droits aux adultes qui pourvoient à l’éducation d’un enfant alors qu’ils partagent la vie d’un des parents de l’enfant ? Sans distinction de sexe ? Il pourrait en être de même pour un membre de la famille au sens large (oncle, tante…)
Si la problématique du mariage pour tous ne se situe pas là alors l’énigme reste entière pour elle...
(Dans la vraie vie, en dehors de toute approche philosophique ou de sensibilités personnelles, un duel politique qui crée la controverse entre d’un côté le conformisme de droite lié au catholicisme avec ses valeurs sur la famille et de l’autre une affirmation de la gauche dans le soutien des minorités au nom de la liberté et des droits de l’homme. Tout ceci dans la mouvance d’une manipulation des opinions de masses qui seront bien obligées de constater que les dés étaient jetés depuis bien longtemps.)